Votre compteur supporte-t-il une borne ?
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C'est la question qui vient après avoir choisi sa voiture, et avant de demander un devis. Elle a le mérite d'être vérifiable : vous pouvez y répondre en partie vous-même, ce soir, en regardant votre facture d'électricité.
Elle a aussi le mérite d'être la bonne. Une borne n'est pas un appareil de plus sur une prise : c'est, de loin, le plus gros consommateur que vous ajouterez à votre logement.
Ce que consomme une borne, comparé au reste du logement
Mettez les chiffres côte à côte, et le sujet devient limpide.
Une plaque à induction appelle environ 3 kW quand elle chauffe. Un four, autour de 2,5 kW. Un chauffe-eau, 2 kW. Un lave-linge en phase de chauffe, 2 kW également. Une borne domestique courante, elle, appelle 7,4 kW en continu, pendant plusieurs heures.
Autrement dit : la borne consomme à elle seule davantage que votre cuisine entière en plein service. Et contrairement au four, elle ne s'arrête pas au bout de quarante minutes.
C'est pour cela que la question du compteur se pose vraiment, et qu'un devis établi sans y avoir répondu n'est pas un devis sérieux.
La puissance souscrite, et où la lire
Sur votre facture figure une puissance souscrite, exprimée en kVA. Pour un logement, les valeurs courantes sont 6, 9 ou 12 kVA en monophasé. C'est le plafond que votre installation peut appeler à un instant donné : au-delà, le disjoncteur de branchement coupe.
Faites le calcul avec votre propre chiffre.
- 6 kVA : une borne de 7,4 kW dépasse à elle seule votre plafond. Ce n'est pas une question de simultanéité, c'est arithmétique.
- 9 kVA : la borne laisse environ 1,6 kVA pour tout le reste. Assez pour un réfrigérateur et un éclairage, pas pour un four en marche.
- 12 kVA : il reste de quoi vivre normalement pendant la recharge, à condition de ne pas tout allumer en même temps.
Ce raisonnement suppose une recharge à pleine puissance. Il existe une solution pour qu'elle ne le soit pas — c'est tout l'objet de la section suivante.
Monophasé, triphasé : ce que cela change
Le monophasé est la configuration de la très grande majorité des logements. Il plafonne, pour un abonnement résidentiel classique, à 12 kVA — et une borne monophasée à 7,4 kW en est déjà la limite haute.
Le triphasé répartit la charge sur trois conducteurs. C'est lui qui permet les bornes de 11 ou 22 kW, et il autorise des puissances souscrites bien plus élevées.
Deux remarques, dans cet ordre.
D'abord, passer du monophasé au triphasé n'est pas un choix d'installateur. C'est une intervention du gestionnaire de réseau, avec son propre délai et son propre coût, parfois des travaux sur le branchement. Un devis qui propose une borne de 22 kW sans avoir vérifié votre type d'alimentation vous chiffre une installation qui ne fonctionnera pas telle quelle.
Ensuite, la puissance élevée est rarement le bon achat à domicile. Une voiture branchée de 19 h à 7 h dispose de douze heures. À 7,4 kW, cela représente largement de quoi couvrir une journée d'usage courant. Le détail du calibrage est traité dans notre guide sur choisir sa borne de recharge.
Le délestage, ou comment éviter d'augmenter sa puissance souscrite
C'est la solution que beaucoup de propriétaires découvrent trop tard, après avoir augmenté leur abonnement.
Une borne pilotée mesure en permanence ce que consomme le reste du logement et ajuste sa propre puissance pour que le total reste sous le plafond. Quand vous lancez le four, elle ralentit. Quand la cuisine s'éteint, elle reprend. Vous ne voyez rien, le disjoncteur ne coupe pas, et votre abonnement ne change pas.
Techniquement, cela suppose un dispositif de mesure placé au tableau — un capteur sur l'arrivée générale — et une borne capable d'en tenir compte. Ce n'est ni exotique ni marginal : c'est une fonction courante, que beaucoup de modèles savent faire.
La question à poser à l'installateur est donc précise : la borne proposée sait-elle moduler sa puissance en fonction de la consommation du logement, et le capteur nécessaire est-il inclus dans le devis ? La réponse distingue souvent deux propositions qui semblaient comparables.
Un mot d'honnêteté : le délestage allonge la durée de recharge quand le logement consomme. Sur une nuit complète, l'effet est généralement imperceptible. Sur une recharge de milieu de journée en plein hiver, il se remarque.
Quand une augmentation de puissance est inévitable
Le délestage ne fait pas de miracle. Trois situations où il ne suffit pas.
Vous êtes déjà à 6 kVA. Même en modulant, la marge est trop faible pour recharger dans un délai raisonnable. Passer à 9 kVA est ici le geste utile — une modification d'abonnement, sans travaux dans la plupart des cas.
Votre chauffage est électrique. En hiver, le logement consomme déjà beaucoup et en permanence. La borne n'a presque jamais de marge, et la recharge s'étire.
Vous rechargez deux véhicules. La question change de nature : ce n'est plus un appoint, c'est un second poste permanent.
Dans ces cas, la modification de la puissance souscrite se demande auprès de votre fournisseur d'électricité et prend effet à distance, sans visite, sur les compteurs communicants. Votre facture d'abonnement augmente en conséquence.
Ce que l'installateur doit vérifier lors de la visite technique
Une visite technique sérieuse ne dure pas trois minutes, et elle couvre ces points. Si le professionnel n'en parle pas, posez la question.
- La puissance souscrite et le type d'alimentation, lus sur le compteur et non supposés.
- L'état et la place disponible dans le tableau : une borne exige son propre circuit, avec ses protections dédiées. Un tableau ancien ou saturé devient un poste à part entière du devis.
- La section du câble d'arrivée, qui doit supporter la charge ajoutée.
- La mise à la terre, qui se mesure et ne se suppose pas.
- La distance entre le tableau et l'emplacement de la borne, premier poste de variation d'un devis à l'autre — le sujet est détaillé dans notre guide sur le prix d'une borne de recharge.
Cette exigence de vérification n'est pas seulement du bon sens commercial : au-delà d'une certaine puissance, l'installation relève d'une qualification professionnelle dédiée, l'IRVE, dont Qualifelec publie le périmètre. L'Avere-France suit pour sa part l'évolution du cadre applicable à la recharge.
Ce que vous pouvez vérifier vous-même, ce soir
Trois minutes suffisent à savoir où vous en êtes.
- Votre facture vous donne la puissance souscrite en kVA et vous indique si vous êtes en monophasé ou en triphasé.
- Votre tableau électrique vous dit s'il reste une rangée libre, ou s'il faudra en ajouter une.
- La distance entre ce tableau et l'endroit où la borne doit être posée, mesurée au pas, suffit à comprendre l'écart entre deux devis.
Muni de ces trois éléments, vous ne subissez plus la visite technique : vous la vérifiez. Et notre grille de lecture des devis reprend ces lignes pour les comparer côte à côte. Si votre projet concerne une maison, notre page borne de recharge à la maison décrit les configurations les plus fréquentes.